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Seth Jones : une force de la nature qui domine à la hauteur de son immense talent

Publié le 30 avril 2019 à 15h18
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Les Blue Jackets reviennent à Columbus ce soir en pleine confiance. C'est que la troupe de John Tortorella est de retour à la maison fort d'une victoire obtenue en deuxième période de prolongation par l'entremise du bâton de Matt Duchene.

Décidément, les Jackets forment actuellement l'une des belles surprises de cette édition des séries de la Coupe Stanley, eux qui, comme vous le savez, sont parvenus à blanchir le champion de la saison régulière, le Lightning de Tampa Bay, tout en étant en train de donner du sérieux fil à retordre aux Bruins de Boston.

Si ces performances sont le résultat d'une excellente formation équilibrée, il n'en demeure pas moins qu'il y a un acteur qui se démarque des autres depuis le début du mois d'avril dans l'entourage de l'organisation de l'Ohio. En effet, le défenseur américain Seth Jones accomplit actuellement du travail surhumain pour son équipe, si bien que certains se demandent s'il n'est pas une machine :




Samedi dernier, alors que le deuxième match de la série aura nécessité plus de quatre périodes de jeu, Jones a profité de la confiance de son entraîneur pour revenir sur la glace plus souvent qu'à son tour. Effectivement, le natif d'Arlington au Texas a passé 38 minutes et une seconde dans le feu de l'action dans cette rencontre, ce qui s'avère être évidemment un sommet chez les deux équipes lors de cette joute. Ce qu'il y a de fou dans tout cela, c'est que le principal intéressé aurait pu en prendre encore plusieurs autres présences :

« Je me sens bien, j'ai de jeunes jambes, a répliqué Jones lorsque l'auteur de ces lignes lui a demandé s'il ressentait un peu de fatigue. Je dois faire mon travail, que ce soit défensivement ou offensivement. Quand l'entraîneur dit mon nom, je saute sur la glace. Je ne me pose pas de questions. Et je ne dirai jamais non à une présence de plus. Je me sentais bien sur la glace. J'ai fait de bons jeux et j'étais assez robuste. »

En plus d'avoir obtenu beaucoup de temps de glace, Jones a également été un excellent atout en attaque, lui qui a participé aux deux buts marqués par Artemi Panarin, ce qui porte maintenant son total de points à huit - dont deux filets - en six rencontres depuis le début des séries, en plus de maintenir un différentiel de +3. S'il a bien un homme chez les Jackets qui est satisfait de l'apport du numéro 3 de l'équipe, c'est bien John Tortorella :

« Il a joué quelque chose comme 35 minutes (38 minutes), a souligné Tortorella. Je l'ai trouvé très bon en fond de notre territoire, il était dans la face de ses adversaires et imbattable à un contre un. C'est notre moteur. Il nous montre le rythme à suivre. Il amasse les points, mais l'aspect de son jeu qui passe le plus inaperçu, c'est sa constance sur le plan défensif dans l'exécution de gros jeux à des moments cruciaux. »

Le stratège de Columbus n'aurait pas pu mieux dire. Le style de jeu imposé par Jones freine actuellement les meilleurs joueurs des Bruins de Boston. En effet, du lot de Brad Marchand, Patrice Bergeron et David Pastrnak, seul ce dernier est parvenu à inscrire son nom sur la feuille de pointage depuis le début de la série, lui qui a enfilé l'aiguille à une reprise et ce, lors du dernier match.

Rappelons que Seth Jones n'a pas toujours appartenu à Columbus, lui qui avait été un choix de premier tour, le quatrième au total, après MacKinnon, Barkov et Drouin, des Predators de Nashville en 2013. Ces derniers l'avaient d'ailleurs transigé il y a trois saisons en retour du centre Ryan Johansen, une transaction qui, à l'époque, venait combler le besoin respectif des deux parties.

Peut-être qu'il ne le savait pas au moment de son acquisition, mais le DG Jarmo Kekalainen pourrait bel et bien avoir mis la main sur un futur récipiendaire du trophée Norris, du moins si l'on en croit les propos du Québécois et coéquipier de Jones, Pierre-Luc Dubois :

« Seth a été incroyable pour nous depuis le début de la saison, a précisé Pierre-Luc Dubois. C'est un défenseur qui est proche de gagner le trophée Norris depuis quelques années. Quand tu regardes son côté offensif, il est super bon, mais il est aussi bon défensivement. Il est tellement intelligent. Il sait quand sauter dans l'attaque ou rester en recul. Il n'y a pas beaucoup de défenseurs comme lui dans la LNH. »

D'ailleurs, Dubois s'est permis de partager une anecdote sur la camaraderie qui règne entre lui et son imposant défenseur de 6 pieds 4 pouces et 210 livres, tout en ne manquant pas l'occasion de le vanter à nouveau :

« Les deux, on s'agace souvent. Jones dit que c'est lui qui est le plus fort physiquement. J'aime croire que c'est moi. Mais je commence à penser que c'est peut-être lui. »

Disons que Jones était destiné à posséder un physique imposant, lui qui est le fils de l'ancien joueur de la NBA Ronald Jerome Jones que l'on surnommait d'ailleurs « Popeye ». Outre sa carrure, le niveau de jeu de l'ancien des Winterhawks de Portland dans la WHL est assez incroyable, du moins suffisamment pour que son coéquipier Matt Duchene en fasse mention :

« C'est incroyable ce qu'il fait, a ajouté Matt Duchene. Je n'ai jamais vu un jeune défenseur avec un aussi bon équilibre entre son jeu offensif et défensif. Il génère de l'attaque sans jamais sacrifier son rendement dans son territoire. Il est réellement spécial. Il sera une grande vedette dans cette ligue pour longtemps. »

À la lumière de tous ces bons commentaires, on pourrait croire que Seth Jones est désormais bien établi dans la LNH. Or, âgé que de 24 ans, il reste encore plusieurs années d'apprentissage à cet arrière droitier avant d'atteindre son plein potentiel, lui qui n'a franchi qu'à une seule reprise le plateau des 50 points (57 points en 2017-2018) dans sa jeune carrière de six saisons. Parions que dans les prochaines années, cette production pourrait augmenter grandement. Jones se hisse tranquillement parmi les grands joueurs de cette ligue.

Seth Jones et son équipe tenteront ce soir de prendre les devants 2 à 1 dans leur série face aux Bruins.
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